Manifestation devant les bureaux de Santé Québec
29 avril 2026
La FSQ-CSQ et l’AREQ (CSQ) réclament un véritable virage vers les soins et services à domicile
Québec, le 28 avril 2026 – Rassemblés devant les bureaux de Santé Québec, la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ) et le mouvement des personnes retraitées CSQ, l’AREQ (CSQ), unissent leurs voix pour réclamer un véritable virage vers les soins et services à domicile.
La publication récente de la politique nationale Mieux chez soi était attendue depuis plus de vingt ans. Si elle constitue un pas dans la bonne direction, elle demeure toutefois largement insuffisante pour répondre à l’ampleur des besoins, alors qu’ils ne cessent de croître, dans un contexte de vieillissement accéléré de la population et de pénurie de main-d’œuvre en raison de conditions de travail de plus en plus difficiles.
Des besoins criants, un réseau sous pression
Partout au Québec, les listes d’attente s’allongent, les services demeurent inaccessibles pour de nombreuses personnes et les proches aidants sont laissés à eux-mêmes. Selon les analyses de l’AREQ (CSQ) et de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), le Québec accuse un retard important en matière d’investissement en soutien à domicile comparativement à d’autres États, notamment les pays nordiques.
« Le maintien à domicile doit devenir une réelle priorité nationale. Cela passe par des services publics accessibles, gratuits et universels, offerts à proximité des milieux de vie », souligne Micheline Germain, présidente de l’AREQ (CSQ).
Un virage nécessaire vers le service public
La FSQ-CSQ et l’AREQ (CSQ) rappellent que le soutien à domicile, particulièrement en première ligne, doit reposer sur un réseau public fort. Elles dénoncent le recours accru au privé et l’insuffisance des investissements annoncés dans la politique actuelle.
« Nos revendications sont claires et gages du succès du virage qui s’amorce; un financement accru et récurrent du soutien à domicile, un accès gratuit et universel aux services, le renforcement du réseau public de santé et de services sociaux et des conditions de travail améliorées pour le personnel, afin d’assurer la qualité et la continuité des services », explique Déreck Cyr, président de la FSQ-CSQ.
Depuis l’arrivée de Santé Québec, des décisions douteuses ont été prises afin d’atteindre l’équilibre budgétaire. Pour les travailleuses et travailleurs qui fournissent des soins à domicile, cela se traduit par des suppressions de postes, le non-remplacement des absences et l’augmentation du ratio de personnel soignant par patientes et patients. Cela occasionne également une surcharge de travail ainsi qu’une diminution de la qualité des services. Par ailleurs, les logiciels d’intelligence artificielle déployés récemment accentuent la surveillance du personnel et quantifient le temps requis pour prodiguer les soins, sans tenir compte de la réalité terrain.
« Le Québec doit faire un choix politique clair : investir dans le soutien à domicile et permettre aux personnes de vieillir dans la dignité, chez elles », conclut Micheline Germain.