22 juillet 2026

par Alyssa Landry 

La présidente du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval (SIIIAL-CSQ), Karine Miousse, prévoit un été fort occupé pour le personnel au cours de la période estivale. 

La dirigeante syndicale explique que la période estivale est toujours délicate du fait de la prise des vacances par le personnel, alors que l’achalandage, pour sa part, ne diminue pas pour autant. 

« Pendant l’été, de nombreux membres du personnel prennent leurs vacances, ce qui oblige les établissements à revoir les horaires. Pour assurer la continuité des services, le recours au temps supplémentaire obligatoire (TSO) devient donc plus fréquent. Cette réalité ajoute une pression sur les employées et les employés », explique Karine Miousse. 

Réorganisation des activités 

De plus, la présidente du SIIIAL-CSQ précise qu’il y a une certaine réorganisation des activités : « Nous avons eu au-delà de 100 abolitions de postes à temps complet pour les transformer à temps partiel. Cela complexifie les choses, et nous devons tenir compte de la disponibilité du personnel. » 

Travailler durant les vacances malgré tout 

S’il est vrai que l’été est la saison des grandes vacances, il n’en demeure pas moins que certaines infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes choisissent tout de même de travailler. 

« Nous traversons une période économique qui n’est pas facile, avec un coût de la vie élevé. Pour cette raison, certaines personnes qui sont en vacances se montrent tout de même disponibles en fonction des besoins. Toutefois, cela se fait sur une base volontaire », mentionne la présidente.  

Elle plaide toutefois pour l’importance de prendre le temps de décrocher et de profiter pleinement des congés annuels pour refaire le plein d’énergie. « Nous le savons, la charge de travail est très lourde et soutenue dans le secteur de la santé. Cette période de repos est donc essentielle pour assurer le bien-être des travailleuses et travailleurs de nos établissements ». 

Des étés occupés 

Dans un autre ordre d’idée, Karine Miousse mentionne que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’été n’amène pas nécessairement une baisse d’achalandage dans le système de santé. « Par exemple, les périodes de canicule augmentent les risques de problèmes respiratoires, avec pour conséquence qu’un plus grand nombre de personnes souffrantes se présentent à l’urgence. » 

À Laval, la pression est d’autant plus importante, puisque le bassin de desserte a fortement progressé depuis la création de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé. Or, la région ne dispose toujours qu’un seul centre hospitalier, ce qui, selon le SIIIAL-CSQ, ne répond plus adéquatement aux besoins de la population. 

Santé mentale, violence et surcharge 

Les enjeux de santé mentale sont également plus présents durant l’été. La consommation d’alcool peut augmenter chez certaines personnes, ce qui contribue à une hausse des situations de détresse ou de crise nécessitant une intervention du réseau de la santé. 

« Les longs temps d’attente à l’urgence peuvent aussi créer un climat de tension. Lorsqu’une personne doit patienter parfois jusqu’à 18 heures, ce qui n’est pas rare, la frustration peut mener à davantage de violence verbale et, dans certains cas, à de la violence physique envers le personnel », déplore Karine Miousse. 

Avant la pandémie de la COVID-19, les étés étaient généralement plus calmes. La situation s’est détériorée durant la pandémie et ne s’est jamais redressée. Depuis ce temps, les établissements demeurent en surcharge, même durant la période estivale. 

Des mesures incitatives, mais une fatigue persistante 

Afin encourager le personnel à effectuer du temps supplémentaire, une prime pour période critique de 5 % du taux horaire régulier et de 10% pour chaque heure de temps supplémentaire est offerte durant l’été. Cette mesure peut rendre certains quarts de travail plus attrayants. 

Cependant, cette prime ne règle pas le fond du problème. « La fatigue continue de s’accumuler chez les travailleuses et travailleurs qui doivent composer avec des horaires chargés, des besoins constants et une pression accrue. L’été dans le réseau de la santé est donc loin d’être une période de répit », conclut la présidente du SIIIAL-CSQ, Karine Miousse.