L’écho FSQ
ActuSANTÉ
Hausse du prix des médicaments : un problème qui nous concerne toutes et tous!
27 mai 2026
Collaboration de Lise Goulet
Conseillère en Santé et services sociaux à la CSQ
En 2025, les dépenses totales en médicaments prescrits au Québec s’élevaient à 11,6 milliards de dollars (1 273 dollars par habitante et habitant).
Le régime public d’assurance médicaments du Québec a remboursé 40 % de ces dépenses, tandis que les régimes privés ont couvert les 60 % restants.
La hausse des dépenses en médicaments résulte de multiples facteurs, notamment la croissance démographique, la hausse des maladies chroniques et l’utilisation accrue de médicaments onéreux, de plus de 10 000 dollars par année chacun. Ces médicaments, dont certains coutent plus d’un million de dollars annuellement, constituent le principal facteur de croissance des dépenses depuis quelques années, entraînant une augmentation annuelle constante de 5 % à 9 %. En 2023, les couts des régimes privés ont bondi de 14,1 % en raison de ces médicaments onéreux. Une tendance qui, malheureusement, est loin de s’estomper!
Le problème avec notre système actuel
En 1997, le Québec a mis en place un régime général d’assurance médicaments permettant de couvrir l’ensemble de sa population. Ce régime n’est toutefois pas entièrement public : il comporte un volet public et un volet privé, et cela cause bien des problèmes.
Selon la Loi sur l’assurance médicaments du Québec (LAMQ) :
» Les employeurs et les associations professionnelles qui offrent une assurance collective sont OBLIGÉS d’inclure un régime d’assurance médicaments;
» Toute personne adulte ayant accès à une assurance collective a l’OBLIGATION d’y adhérer et d’en faire bénéficier sa famille;
» Les personnes qui n’ont pas accès à une assurance collective doivent OBLIGATOIREMENT adhérer au régime public d’assurance médicaments, via la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).
Essentiellement, cette loi a pour objectif d’assurer à l’ensemble de la population du Québec un accès raisonnable et équitable aux médicaments. La participation financière qui est exigée doit tenir compte de la situation économique des gens (article 2). Sur papier, ça semble beau, mais, dans les faits, ça ne fonctionne pas vraiment!
Le régime hybride public-privé québécois est inefficace, de plus en plus couteux et inéquitable.
» Davantage de personnes n’arrivent plus à payer leurs médicaments : elles coupent dans d’autres dépenses pour y arriver, réduisent les dosages ou sautent des prescriptions.
» D’autres personnes travaillant à temps partiel ou sur appel voient leur assurance gruger une part beaucoup trop importante de leur budget; en raison des primes d’assurance qui ne cessent d’augmenter.
» Certains groupes doivent même renoncer à leur assurance collective au travail en raison des couts trop élevés de l’assurance médicaments.
En fait, à consommation égale, les médicaments coutent en moyenne 35 % plus cher dans les régimes privés que dans le régime public! Cela pénalise davantage les personnes à revenus modestes ou en situation de précarité, à qui l’on impose des primes fixes obligatoires, parfois très élevées.
Précisons que les honoraires des pharmaciennes et pharmaciens varient selon le type d’assurances. Ils sont réglementés au public, mais pas entièrement au privé. Ainsi, deux personnes qui achètent le même médicament dans la même pharmacie ne paieront pas nécessairement le même prix. Au privé, les honoraires pharmaceutiques sont jusqu’à 12 fois plus élevés. Cela est loin d’être équitable!
Pour une assurance médicaments publique universelle
Depuis plusieurs années, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ) militent activement pour la mise en place d’une assurance médicaments publique et universelle[1].
Au cours des dernières semaines, avec la Coalition solidarité santé, elles ont réclamé au gouvernement la mise en place d’un comité d’expertes et d’experts indépendants responsable de brosser un portrait des besoins et des nouveaux défis à relever qui pourraient limiter l’accès aux médicaments (tarifs douaniers, multiplication des thérapies très onéreuses, crises sanitaires).
Ce comité devrait formuler des recommandations pour réviser la LAMQ afin de mettre en œuvre une assurance médicaments publique universelle, comme l’ont déjà fait l’ensemble des pays développés ayant un système public de santé.
C’est un dossier que nous surveillons très attentivement!
À lire : Débat sur les honoraires des pharmaciens | Le symptôme d’un dysfonctionnement plus global.
[1] CENTRALE DES SYNDICATS DU QUÉBEC (2026). Assurances médicaments – Un régime public pour tous, [En ligne]. [lacsq.org/magazine/assurances-medicaments-un-regime-public-pour-tous/] (Consulté le 22 mai 2026).